l’avent, un carême ?

                                                                                                        

La tradition chrétienne a pour habitude de faire précéder les grands temps festifs par des pratiques de préparation intérieure afin de se mettre en condition de percevoir toujours plus et toujours mieux leur sens et leur potentiel de vie. 

Ainsi en est-il bien sûr du très connu Carême, quarante jours de préparation en vue de la fête de Pâques. 

Moins courant par contre est le fait de savoir que le temps de l’Avent est lui aussi un carême, c’est à dire un temps de préparation à la réception du mystère de Noël, un temps pour ajuster notre être intérieur à la venue du messie. Un des indicateurs concrets de ce temps de préparation est la couleur violette des parements liturgiques de nos églises. Violet, couleur d’intériorité s’il en est. Couleur à la fois sombre et puissante. Couleur de repentance ou de conversion.

De quoi est-il principalement question tout au long de l’Avent ? Chaque dimanche a son accent, mais un thème domine, celui de préparation. Pré-parer, parer avant, se tenir prêt, debout, vigilant.

Le premier dimanche, les textes proposés par le lectionnaire invitent à se tenir prêt, vigilants. Sur un ton apocalyptique le Christ invite à se libérer des préoccupations terrestres et de chercher l’essentiel : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie » (Luc 21, 34) 

Le thème du deuxième dimanche vise à préparer les chemins du Seigneur : 

« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis; et tout être vivant verra le salut de Dieu » (Luc 3, 4-6)

Le troisième demande de chercher pratiquement et concrètement la justice, le partage, l’équité :  A l’écoute du message de Jean Baptiste annonçant la venue du messie les foules demandaient « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (Luc 3, 10-18). Et le quatrième dimanche quant à lui sera consacré à se préparer intérieurement à la naissance intérieure du Christ.          

Les passages bibliques des quatre dimanches de l’Avent nous invitent à passer d’un mode de vie à un autre. Ils nous invitent à changer, à modifier nos manières de voir et de penser. Nous proposent une conversion qui va à l’encontre des valeurs de notre société de consommation. Une société qui, paradoxalement, fait de ce temps de l’Avent le sommet consommatoire de l’année ! En fait il s’agit ici de rien moins que prendre le contrepied des valeurs du monde actuel. Celui-ci nous pousse à mettre toute notre confiance dans une sur-consommation, une recherche éperdue de confort et de sécurité matériels, un refus de toute dimension invisible ou transcendante, à chercher uniquement notre avantage et notre domination au mépris du reste du monde et de la création.

Face aux défis du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, le temps de l’Avent recèle une dimension profondément écologique. Il invite à la vigilance : être éveillés et actifs face l’urgence d’agir par une vie simple et sobre. Le regretté Pierre Rabhi qui vient de nous quitter en a été un chantre remarquable. 

Par la parole d’Isaïe rappelée par Jean-Baptiste, l’Avent invite aussi à préparer les chemins du Seigneur pour que tout être vivant puisse voir le salut du SeigneurTout être vivant ! Pas seulement les humains, les animaux, les végétaux…

Cette période nous invite encore à la justice. On sait que la lutte pour un partage équitable des ressources de la terre et la lutte pour la sauvegarde de la création sont un même combat, de même que la justice intergénérationnelle ! Détachement, simplicité de vie, recherche de l’essentiel. « Il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2, 7). Une étable (simplicité absolue) a accueilli Marie, Joseph et l’enfant, et ainsi la lumière est venue dans le monde… 

Article paru dans l’Echo-Magazine 50/2021

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